Voyage Irlandais


David Trimble veut exclure le Sinn Féin du Conseil Nord-Sud

BELFAST, 28 octobre 2000

Le Premier ministre d'Irlande du Nord, le protestant David Trimble, a proposé samedi à son parti réuni à Belfast d'exclure le Sinn Féin au Conseil des ministres Nord-Sud, tant que son bras armé, l'IRA, n'aura pas fait de progrès en matière de désarmement.

"Cette sanction sera levée dès que l'IRA se sera engagée de façon substantielle à négocier avec la commission" indépendante sur le désarmement présidée par le général canadien John de Chastelain, a proposé David Trimble dans sa motion au conseil des cadres du Parti unioniste d'Ulster (UUP).

"Cette sanction sera renouvelée si les pourparlers ne produisent pas de progrès raisonnables dans le domaine de désarmement", a-t-il ajouté.

Le Conseil des ministres Nord-Sud, qui réunit l'exécutif de Dublin et celui de Belfast plusieurs fois par an, est une pièce maîtresse de l'accord de paix d'avril 1998, la plus chère au cœur des catholiques républicains.

L'éviction du Sinn Féin - que David Trimble a effectivement le pouvoir de provoquer en refusant de signer son accord pour sa participation avant chaque réunion - ne manquera pas de provoquer de vives réactions au sein de la communauté catholique nationaliste, selon les observateurs.

Par cette motion, le chef protestant tente d'apaiser l'aile dure de son parti qui a de son côté présenté une motion plus radicale puisqu'elle appelle l'UUP - le plus grand parti protestant nord-irlandais - à boycotter l'assemblée de Stormont et l'exécutif nord-irlandais si l'IRA n'a pas commencé à restituer son arsenal militaire d'ici le 30 novembre prochain.

David Trimble entend ainsi couper l'herbe sous le pied aux frondeurs de l'UUP, en leur donnant des gages de sa détermination et de ses exigences à l'égard du camp catholique.

Il propose dans sa motion de réexaminer la sanction contre le Sinn Féin en janvier prochain.

Il exige également "des rapports réguliers, au moins mensuels" de la part de la commission chargée de veiller au démantèlement de l'arsenal des paramilitaires, "incluant un échéancier et des date-butoir".

Une exigence similaire déjà formulée par le passé par les unionistes avait été rejetée par l'IRA et le Sinn Féin, provoquant quatre mois de suspension de l'assemblée et de l'exécutif nord-irlandais.

Une nouvelle crise du processus de paix pourrait s'avérer fatale à l'expérience du partage de pouvoir entre catholiques et protestants, avaient à l'époque mis en mis en garde les nationalistes.


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