Voyage Irlandais


Des troupes de nouveau déployées dans les rues de Belfast

BELFAST, 21 août 2000

L'armée britannique était de nouveau déployée lundi soir à Belfast après que trois fusillades eurent fait deux morts et un blessé lors d'affrontements entre milices protestantes, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée n'avait pas été déployée à Belfast depuis septembre 1998. Elle était intervenue pendant une période de trois jours lors de la crise de Drumcree-Portadown début juillet.

Le secrétaire d'État à l'Irlande du Nord, Peter Mandelson, a déclaré lundi soir à l'aéroport de Belfast qu'il espérait rencontrer "le plus tôt possible" les dirigeants protestants.

"Ce que nous voyons n'a rien à voir avec la politique et rien avec le processus de paix", a dit M. Mandelson. "Il s'agit d'individus qui essayent de prendre le contrôle de communautés locales", a-t-il ajouté. "Les gens en ont marre de ces voyous. Nous n'avons pas fait tout ce chemin et réduit les tensions entre les deux (communautés) pour voir des factions rivales loyalistes tout gâcher".

M. Mandelson a dit que s'il s'avérait que l'UVF (Ulster Volunteer Force) et l'UDA (Ulster Defence Association) avaient violé le cessez-le-feu, il n'hésiterait pas à agir.

Il a également lancé une mise en garde aux anciens terroristes récemment libérés à l’occasion des accords du Vendredi saint, en soulignant qu'ils pourraient être arrêtés à nouveau s'ils étaient impliqués dans de nouveaux actes de violence. "Un ancien prisonnier libéré n'est pas totalement libre", a-t-il dit. "Ils savent quelles sont les conséquences de leurs actes et je n'hésiterai pas à agir".

Ce déploiement "est une mesure à court terme qui démontre la détermination de la police à poursuivre vigoureusement les criminels", a déclaré le commissaire adjoint Bill Stewart, soulignant que la décision avait été prise à contrecœur.

La police avait dans un premier temps décidé de multiplier le nombre de patrouilles après que sept personnes eurent été blessées dans la nuit de samedi à dimanche dans le même quartier. Mais cette mesure s'est avérée insuffisante.

"Nous avons maintenant des sacs avec des cadavres", a lancé de son côté Chris Mc Gimpsey, conseiller municipal unioniste de Belfast. "Les deux parties doivent faire marche arrière", a-t-il poursuivi. "Elles ne font que détruire leur propre communauté".

"C'est une tragédie", a affirmé pour sa part un député du Parti progressiste d'Ulster à l'Assemblée locale, Billy Hutchinson. "Je ne veux voir mourir personne", a-t-il ajouté. "Nous avons travaillé trop dur à un processus de paix pour que cela ne se produise pas".

Le quartier loyaliste de Shakill road est depuis quelques jours le théâtre de règlements de compte et d'une lutte de pouvoir entre milices protestantes pour le contrôle des quartiers loyalistes. Des rivalités personnelles se doublent d'une divergence politique profonde.

L'UVF, dont l'aile politique a deux représentants dans l'assemblée locale, est prête à s'accommoder du processus de paix en Irlande du Nord, tandis que l'UDA et sa milice des Combattants de la liberté d'Ulster (UFF), plus radicaux et violents, y sont farouchement opposés.


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