Voyage Irlandais


L'IRA a rencontré le général John de Chastelain

BELFAST, 14 mars 2001

L'Armée républicaine irlandaise (IRA) a annoncé mercredi avoir repris contact avec la commission internationale sur le désarmement, présidée par le général canadien John de Chastelain.

Un porte-parole de la commission a confirmé la rencontre, signant selon elle un "ré-engagement" du groupe armé républicain dans le processus de paix nord-irlandais et précisé qu'elle le considérait "de bonne foi".

Le groupe armé républicain avait annoncé jeudi dernier sa volonté de reprendre ses pourparlers avec M. de Chastelain, rompus depuis juin 2000, à un moment où le processus de paix nord-irlandais connaissait l'un de ses nombreux blocages.

Cette annonce avait été considérée comme un geste de bonne volonté, bien qu'encore très insuffisant aux yeux du camp protestant unioniste qui exige que l'IRA restitue tout son arsenal et refuse qu'il se contente de le faire régulièrement inspecter par la commission idoine issue des accords de paix d'avril 1998.

La réunion qui a eu lieu mercredi visait "à établir les bases pour des discussions", a déclaré l'IRA dans un bref communiqué.

"L'IRA a honoré ses engagements et continuera à le faire", ajoute le texte.

Jusqu'ici l'IRA, qui possède de loin le plus important arsenal, a simplement montré quelques-uns de ses dépôts d'armes aux deux inspecteurs de la commission, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa et l'ancien président finlandais Maarti Ahtisaari, mais aucune arme n'a été détruite ou remise aux inspecteurs.

"Nous espérons vraiment beaucoup que des progrès substantiels sur le désarmement ont été faits comme les Républicains (ndlr : l'IRA) l'avaient promis il y a quelque temps", a commenté mercredi un responsable du parti unioniste d'Ulster (UUP), souhaitant garder l'anonymat.

Pour autant, le geste de l'IRA est encore bien insuffisant pour lever l'interdiction qui pèse sur les deux ministres du Sinn Féin de participer aux réunions bilatérales avec Dublin, a-t-il dit.

"Nous ne l'envisagerons pas avant que des progrès réels en matière de désarmement aient eu lieu", a ajouté le responsable unioniste.

En annonçant sa décision de reprendre contact avec M. de Chastelain jeudi dernier, l'IRA avait précisé que son geste était assujetti à des conditions: "Pour que cet engagement soit un succès, le gouvernement britannique doit remplir ses obligations", avait-elle prévenu.

C'est à dire assurer la réforme de la police nord-irlandaise, composée aujourd'hui à 90% de protestants, et démanteler les installations militaires britanniques en Irlande du Nord.


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