Voyage Irlandais


Le processus de paix nord-irlandais : les étapes franchies

BELFAST, 10 décembre 2000

Le gouvernement nord-irlandais, qui réunit des ministres protestants et catholiques, est la pierre angulaire d'un processus de paix qui a changé la face de l'Irlande du nord depuis l'accord de paix d'avril 1998, même si d'importants problèmes demeurent.

La violence sectaire a reculé, l'atmosphère générale s'est détendue et le dialogue inter-communautaire autrefois inexistant est entré dans les mœurs politiques de la province.

Surtout, les protestants et les catholiques gèrent désormais ensemble les affaires nord-irlandaises.

Cessez-le-feu :

Les grandes milices paramilitaires protestantes et catholiques ont respecté leurs cessez-le-feu. La violence demeure toutefois : 64 personnes ont été assassinées depuis l'accord du Vendredi saint, mais la police est incapable de distinguer les meurtres sectaires des règlements de comptes internes très fréquents, notamment pour des histoires de drogue ou de rivalités entre groupes du même bord.

Parmi les victimes, 29 ont été tuées lors d'un seul attentat revendiqué par l'IRA-Véritable - une dissidence de l'IRA en cessez-le-feu - en août 1998.

Plus de 3.300 personnes sont mortes depuis le début des troubles nord-irlandais en 1969.

Reconnaissance mutuelle :

L'accord de paix a établi le principe - accepté pour la première fois par l'aile politique de l'IRA, le Sinn Féin - que l'avenir de l'Irlande du nord reposait sur la volonté commune de sa majorité, qui est actuellement protestante.

Les protestants unionistes ont de leur côté reconnu le droit au Sinn Féin de Gerry Adams d'être partie prenante du processus de paix.

Institutions :

Le gouvernement rassemble toutes les facettes, modérées et extrémistes, des partis catholiques et protestants. Il réunit 10 ministres et le nombre de portefeuilles détenu par chaque parti est fonction de son poids électoral.

Le protestant modéré David Trimble (UUP), à la tête de l'exécutif, fait office de Premier ministre et Seamus Mallon, le numéro 2 du principal parti catholique (SDLP), également modéré, est vice-Premier ministre. Le gouvernement a présenté son premier programme au début de l'année 2000.

Une Assemblée de 108 membres représentant tous les partis a été élue à la mi-1998.

L'accord de paix a ouvert la voie à une coopération sans précédent entre les ministres de Dublin et Belfast dans des secteurs comme le tourisme, l'investissement économique et l'agriculture.

Désarmement :

C'est le point central qui continue à faire problème. L'accord du Vendredi saint pose en principe le désarmement des milices paramilitaires, mais il n'a été acquis qu'à la faveur d'un grand flou sur les modalités.

Jusqu'ici aucun groupe armé n'a restitué son arsenal militaire. Le plus important d'entre eux et le plus armé, l'IRA, a accepté à deux reprises une inspection de ses caches d'armes par une commission internationale indépendante.

Souveraineté :

La république d'Irlande a supprimé deux articles de sa constitution qui réclamaient une réunification avec l'Irlande du nord.

Prisonniers :

Pratiquement tous les détenus emprisonnés pour terrorisme ont bénéficié d'une libération anticipée conditionnée au cessez-le-feu de leur groupe armé.

Réformes :

Des commissions ont été mises en place pour mener à bien des réformes de la police d'Ulster et du système judiciaire accusés par les catholiques de partialité envers le camp protestant.

La réforme de la police, visant notamment à contrebalancer sa très forte majorité protestante, mécontente les loyalistes sans satisfaire complètement les républicains.


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FIN !